2 policiers touchés par un forcené. Le tireur devient une victime de la police...

Les faits :

Le Commandant de police grisonne est sur le banc des accusés et doit répondre de meurtre, après avoir ordonné d'abattre un forcené.

Markus Reinhardt, commandant de la police grisonne qui avait donné l'ordre d'abattre un forcené en mars 2000 à Coire comparaît devant la justice du canton. Il doit répondre de meurtre. Au premier jour de l'audience, l'accusé s'est déclaré persuadé de la légitimité de son attitude. Le jugement est attendu jeudi.

Les faits remontent au 26 mars 2000. Après dix heures de négociations pour obtenir la reddition du forcené qui venait de blesser par balles deux policiers, le commandant de la police avait donné l'ordre de le neutraliser s'il réapparaissait armé à son balcon. C'est ce qui s'est passé et le jeune homme de 22 ans - un boucher au chômage et qui avouait un faible pour les champignons hallucinogènes - a été abattu d'une balle dans le front par un tireur d'élite. A ce moment-là, de nombreuses personnes pouvaient se trouver sur la ligne de tir et le fusil d'assaut du forcené contenait encore 15 cartouches. Précisons que le forcené avait déjà tiré 35 balles et que toutes les tentatives visant à amener le jeune homme à se rendre se sont révélées inefficaces. Le psychologue de la police avait conclu que le tireur représentait un danger difficile à évaluer. Une balle avait traversé le poumon de l'un des deux policiers blessés qui était resté entre la vie et la mort pendant plusieurs jours.

Devant le Tribunal, le commandant de police de 54 ans a justifié son comportement en affirmant qu'il en allait de la sécurité de ses troupes. Il a ordonné de tirer pour éviter que la vie d'autres policiers ne soit mise en danger après les blessures infligées à deux d'entre eux. L'ordre de «neutraliser l'individu» a été donné par radio. En langage policier, cela signifiait qu'il fallait le mettre hors d'état d'utiliser son arme. «Cela ne veut pas toujours dire que l'auteur doit être tué, mais c'est un cas de figure possible», a expliqué Markus Reinhardt.

Le procès contre le commandant de police fait suite à un recours de la famille du jeune homme. Dans un premier temps, le procureur extraordinaire mandaté par le gouvernement grison voulait classer l'affaire, estimant que l'ordre de tir n'était pas disproportionné. La Chambre de recours du Tribunal cantonal a toutefois accepté ensuite un recours de la famille du forcené. En cas de culpabilité, la loi en la matière prévoit au minimum cinq ans de réclusion.


28 FEVRIER 2002

LE COMMANDANT DE LA POLICE GRISONNE A ETE ACQUITTE

COIRE - Le commandant de la police grisonne Markus Reinhardt, accusé d´homicide intentionnel pour avoir donné l´ordre d´abattre un forcené le 26 mars 2000, a été acquitté à Coire. Le Tribunal cantonal a estimé que cet acte était proportionné et légitime.

Il ne fait aucun doute que l´ordre d´abattre le tireur fou, un boucher au chômage de 22 ans qui a tenu la police en haleine pendant dix heures, a été donné dans le cadre d´une situation de légitime défense, a indiqué le Tribunal lors de la lecture de son jugement. La police n´avait pas à attendre qu´il tire une nouvelle fois, étant donné qu´il avait commencé à attaquer depuis longtemps.

Le coup de feu tiré contre le jeune homme par un tireur d´élite constituait en outre une mesure proportionnée, car il s´agissait d´une situation extrême. La police n´avait finalement aucun autre choix que de le neutraliser de cette façon. D´autres options n´auraient pas conduit au même succès.
Le jugement du Tribunal n´est pas une surprise. Celui-ci s´est rallié aux arguments du procureur et de l´avocat de Markus Reinhardt qui, tous les deux, avaient demandé l´acquittement lors des plaidoiries qui se sont tenues mardi.

Markus Reinhardt s´est dit soulagé. Ce jugement confirme le bien-fondé de sa décision, une décision exceptionnelle et lourde de conséquences. Il reste convaincu d´avoir agi de la bonne manière. Le Tribunal cantonal ne s´est pas prononcé sur la demande d´indemnité pour 100 000 francs au total réclamée par l´avocat du père et du frère du tireur fou. Cette question devra être réglée, le cas échéant, au niveau civil. (ats / 28 février 2002 22:19)

31 mars 2002
Voici la réponse de M. Reinhardt,
Commandant de la police grisonne

Cher Monsieur L.,

Je souhaite très sincèrement vous remercier pour la solidarité témoignée et les mails distribués. En cette période difficile, vous avez bien agi et avez raffermi mes convictions, soit que ma décision était juste et dans l'intérêt de la police.

Beaucoup de messages de toute la Suisse m'ont également renforcé dans ce sens. J'ai ainsi acquis la force d'endurer les journées difficiles.

En toute confiance, j'espère qu'avec cela la procédure va être achevée et j'attends maintenant la copie écrite du jugement. Les témoignages m'ont laissé aucun doute possible et ont soutenu la cause policière à tous les niveaux.

Tout cela montre sans aucun doute les signes importants d'une conscience qui s'étend en-delà de la police, que chaque cas isolé doit être jugé et de ce fait, qu'aucun laissé-passer à la généralité ne peut être accordé.

Salutations de bon camarade

POLICE CANTONALE GRISONNE
Le Commandant
Markus Reinhardt



Mille mercis à mon collègue Mickey, pour la traduction française de ce courrier.

Merci à toutes les personnes qui ont envoyé un message de solidarité au Commandant Markus Reinhardt. Ils ont tous été transmis.
Le Webmaster


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