Peut-on s'habituer à la mort ?


Qu'est ce que la légitime défense ?


Quel soutien bénéficie le policier ?

Photo d'Eric Jaquerod  
Un des éléments les plus difficile à gérer pour un policier est cette confrontation régulière avec la mort violente. C'est sur les accidents de la route que le policier est confronté à une dose d'émotion très forte. Il ne sait pas ce à quoi il va être confronté. C'est très stressant de découvrir un habitacle à la seule lueur d'une lampe de poche. Puis, d'être confronté aux victimes coincées dans les tôles de leur voiture. Sur les accidents, le policier est confronté à des personnes qui hurlent, qui se battent pour rester en vie. Certaines sont inconscientes et agonisent lentement. Les blessures sont souvent terribles et le sang tâche votre mémoire à tout jamais.

Quand le policier intervient dans l'appartement d'une personne âgée décédée depuis plusieurs jours, il se prépare déjà à ce qu'il va constater. Il peut imaginer le pire et peut se préparer psychologiquement. Ensuite, il faut gérer les idées et les images qui vous reviennent après l'intervention. Mélangés aux soucis de la vie privée, ce cocktail peut être très dévastateur, car le policier n'est pas un surhomme.

On ne s'habitue jamais à la mort

On ne s'habitue jamais à la mort mais il serait inconcevable de s'arrêter sur chaque drame. Le personnes confrontées à cela apprennent petit à petit à se forger une carapace extérieure. Dans le but de poursuivre son travail dans les meilleures conditions possibles. cette faculté n'est pourtant pas donné à tous le monde et chaque policier vit chaque drame différemment. Ca dépend beaucoup de ses soucis personnels, de son état d'esprit du moment, etc...

Vu de l’extérieur, cela peut faire penser que certains policiers ont perdu toute émotion par habitude. Il n'en est rien. Car sur les lieux d’un tragédie, même si on ne montre rien, on s'en souvient parfois encore longtemps le soir dans nos lits...

Il faut vraiment avoir envie d’accepter de vivre des moments aussi stressant et dramatique que la mort d’un être humain. Tout au long de sa carrière, le policier sera confronté obligatoirement à des centaines de décès.

Mieux vaut se demander deux fois si on est capable d’accepter de vivre avec ça avant de vouloir faire ce métier.
Quelques exemples rencontrés régulièrement en intervention :
  • Accident de la route
  • Suicide
  • Assassinat
  • Overdose
  • Accidents divers
  • ...


Et si le policier utilise son arme contre quelqu'un ?

C'est ce qui peut arriver de pire à un policier dans l'exercice de ses fonctions. Devoir utiliser son arme pour se défendre et abattre quelqu'un. Il va sans dire que l'usage de l'arme est régit par le code pénal et les règles sont très strictes. C'est l'ultime moyen qu'un policier utilise pour défendre sa propre vie ou celle d'un tiers lors d'une attaque.

Art. 25 du Code pénal Suisse

7. 1 Actes licites.

Légitime défense

1 Celui qui est attaqué sans droit ou menacé sans droit d’une attaque imminente, a le droit de repousser l’attaque par des moyens proportionnés aux circonstances; le même droit appartient aux tiers.

2 Si celui qui repousse une attaque a excédé les bornes de la légitime défense, le juge atténuera librement la peine (art. 47); si cet excès provient d’un état excusable d’excitation ou de saisissement causé par l’attaque, aucune peine ne sera encourue.

Existe-t-il un soutien pour les policiers ?

Les chocs émotionnels provoqués par des situations extrêmement pénibles ont longtemps été mis de côté dans la vie du policier. Aujourd'hui, les choses ont beaucoup changé et des cellules de soutien sont mises en place. Bien que la Suisse soit loin d'être un pays précurseur en la matière, la situation évolue dans le bon sens.

Qu'est-ce que le stress post-traumatique ?

Selon des études sur les maladies psychologiques, une personne traverse un épisode traumatique lorsqu'elle est témoin ou victime d'un événement bouleversement qui soit :
  • Menace sa vie
  • La confronte à des menaces de mort
  • La confronte à des blessures physique
  • Menace son intégrité physique ou psychologique
Il est à noter qu'une personne dont l'être cher a été victime de telles expériences pourrait elle-aussi souffrir de stress post-traumatique...

Au niveau des émotions, cet événement doit avoir suscité chez la personne soit :
  • Un sentiment de peur intense
  • De l'horreur
  • De l'impuissance

Ces perturbations résultant d'un violent choc émotionnel se manifestent suite aux expériences traumatiques telles que les :
  • Actes de violence physique (violence conjugale, bagarre, voies de fait etc.).
  • Actes à caractères sexuels (agression sexuelle, inceste, harcèlement).
  • Vols qualifiés, vols à main armée.
  • Tentatives de meurtre.
  • Enlèvements, séquestrations.
  • Accidents d'avion, accidents de la route...
  • Feux, catastrophes naturelles.

L'état de stress post-traumatique se définit par une série de réactions physiques, mentales, émotives et comportementales qui se déclenchent habituellement dans les jours suivant l'épisode traumatique, et qui affectent de façon significative le sujet. Les spécialistes considèrent qu'il est normal pour une personne d'être troublée, affectée et perturbée par un événement traumatique. Toutefois lorsque le fonctionnement et le développement du sujet restent intensément affectés au bout d'un mois, on peut alors soupçonner une difficulté à intégrer l'expérience traumatisante.

Voici trois des symptômes les plus caractéristiques du stress post-traumatique :
  1. Les reviviscences.
  2. Les comportements d'évitement.
  3. L'activation neuro-végétative.
I. Les reviviscences.

  • Souvenirs (flash-back) ou rêves répétitifs liés à l'épisode traumatique.
  • Réactivité physiologique ou sentiment intense de détresse lors de l'exposition à des éléments pouvant ressembler à l'épisode traumatique ou l'évoquer en partie.
  • Impression ou agissements soudains comme si l'événement traumatique allait se reproduire.

II. Comportements d'évitement.

  • Efforts pour éviter les pensées, les activités, les endroits ou les personnes associées à l'événement traumatique.
  • Incapacité à se rappeler d'un aspect important de l'événement traumatique.
  • Détachement face au monde extérieur, réduction importante de l'intérêt pour les activités habituelles.

III. Activation neuro-végétative.

  • Difficulté de sommeil : insomnie, cauchemars, temps de sommeil exagéré.
  • Hypervigilance, réaction de sursauts exagérés.
  • Irritabilité, accès de colère, inquiétudes extrêmes.
  • Difficultés de concentration ou d'attention.

Traverser un événement traumatique modifie à jamais le regard que porte le sujet face à lui-même, face au monde qui l'entoure ainsi que face à la vie en général. En effet lors d'un épisode traumatique, la personne est confrontée à ses propres limites, à la peur, à l'impuissance, et aussi à sa grande vulnérabilité.


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