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Dans 57% des cas, le lieu d'utilisation du téléphone portable est en effet la voiture. Lors d'un déplacement en voiture, le portable offre incontestablement une série d'avantages : il permet d'ajuster un rendez-vous, de régler une affaire urgente, de rester en liaison avec son bureau ou ses proches, de se faire indiquer un itinéraire, éventuellement d'appeler un service de secours ou de dépannage. Et pourtant, depuis quelques années, la plupart des autorités des pays industrialisés ont mis le portable au volant sur la sellette. |
La plupart des études scientifiques sérieuses sur la question proviennent du Canada ou des Etats-Unis. Elles ont toutes démontré l'existence d'un lien entre le fait de téléphoner en conduisant et l'accroissement du risque d'accident. Aujourd'hui, on estime globalement que ce risque est multiplié par 4, et qu'il est même multiplié par 6 en début de communication (les cinq premières minutes).
Près de la moitié des conducteurs décrochent dans les deux secondes, c'est-à-dire dans l'urgence, en accordant la priorité à cette tâche. Et même une conversation banale diminue fortement l'attention portée à la conduite ; le regard se focalise sur le devant de la route, les temps de réaction augmentent et le conducteur regarde moins souvent dans ses rétroviseurs et sur les côtés. Une récente étude menée à Oxford a montré que l'utilisation d'un téléphone portable au volant a des effets sur la conduite qui sont comparables à ceux de l'alcool : lorsqu'il téléphone, le conducteur concentre son attention sur ce qu'il entend directement ; le décalage entre ce qu'il voit et ce qu'il entend perturbe fortement sa perception de l'espace.
Conséquence : plus des 3/4 des conducteurs en train de téléphoner oublient de s'arrêter au passage piéton. A peine 1/3 se souviennent des panneaux de signalisation qu'ils viennent de croiser. Le véhicule a tendance à mordre plus souvent la ligne médiane et l'allure moyenne diminue.
En Chine, le portable au volant peut être puni de prison. Du coup, les pouvoirs publics sont en face d'un dilemme parfois cruel : faut-il ou non interdire le téléphone portable en voiture ?
La Suisse, Israël, le Brésil et l'Australie ont été parmi les premiers pays à introduire une législation allant dans ce sens. En Chine, les autorités locales, prises en tenaille entre le rôle socio-économique non négligeable du téléphone portable, et le nombre croissant d'accidents de circulation impliquant des usagers, notamment à Hong-Kong, ont d'abord tenté de jouer la montre, en conseillant aux automobilistes de s'arrêter avant de téléphoner et en recommandant fortement l'usage d'un kit dit mains-libres. Or, ce dispositif, qui a l'avantage de permettre au conducteur de garder ses deux mains sur le volant, ne diminue en rien la distraction et l'effet néfaste sur la concentration et l'attention. L'un des responsables de l'Association Automobile de Hong-Kong, Danny Chan Chi-yu, constatait même que, avec ce kit, les conducteurs s'absorbaient davantage dans leurs conversations, et pouvaient, encore 1/4 d'heure après avoir raccroché, présenter des signes de distraction manifeste. Depuis, téléphoner au volant est même passible de peine de prison dans certaines villes chinoises.
Savoir se conduire de manière responsable.
En fait, de même qu'on ne cherche pas, sur son autoradio, sa station préférée en effectuant un dépassement, ou qu'on n'attrape pas un objet dans sa boîte à gants en plein milieu d'un carrefour, on ne se sert pas d'un téléphone portable en voiture sans acquérir certains réflexes de bon sens, comme par exemple celui d'attendre un arrêt pour composer un numéro. Pour que le portable soit supportable et cesse de faire des dégâts.
Il n'est pas question de nier l'intérêt du téléphone portable, surtout sur la route, où il peut rendre de grands services, pour prévenir les secours en cas d'accident ou téléphoner à un dépanneur.
Il est d'ailleurs fortement conseillé à tous les automobilistes qui s'apprêtent à effectuer un long trajet d'emmener un téléphone portable chargé. Mais pour ne conserver que les aspects positifs du portable, il est impératif de respecter quelques règles de sécurité : couper la sonnerie lorsque l'on roule, brancher sa messagerie, et s'arrêter dans un lieu adapté pour téléphoner ou écouter les messages. C'est-à-dire ni sur la bande d'arrêt d'urgence lorsqu'on est sur l'autoroute, ni en double file ou au feu rouge lorsqu'on est en ville. Si ces quelques principes sont respectés, alors le téléphone portable ne restera pas une mauvaise affaire pour la sécurité.
Des études scientifiques pour mesurer l'impact sur la sécurité de téléphoner en conduisant.